Résultats des ventes

ROUEN
Résultat : 65.000 euros / Etude PIASA, Vendredi 10 décembre 2010, Hôtel Drouot, salle 11

Vendu 65.000,00 euros.

ROUEN

Bannette rectangulaire munie de deux anses latérales à décor en camaïeu bleu au centre d’un défilé d’enfants bachiques ou bacchanale dans un cartouche rectangulaire à fond ocre niellé, lambrequins et rinceaux feuillagés bleus et rouges sur la chute et galon à fond ocre niellé sur le bord, les anses mouchetées en bleu et ocre.
Premier tiers du XVIIIe siècle, vers 1725.
Longueur : 40 cm, largeur : 27 cm.
Anciennes restaurations.



Provenance :
-  Ancienne Collection Bellegarde, vente Paris, Me Chevallier, 12 décembre 1904, lot 108.
-  Ancienne collection Charles Perrot, 1ère vente, Paris, 20-22 mars 1923, lot 225 (achetée 13.3300 francs par Madame Felber, le plat a été endommagé entre la vente Bellegarde et la vente Perrot).
-  Ancienne collection Gaston Poulenc, 29 mai 1968.
-  Collection Vigneras.

-  A figuré à l’exposition rétrospective de la Faïence française au musée des Arts décoratifs en 1932, n° 507.




Le décor ocre niellé est l’une des créations les plus originales réalisées par les faïenciers rouennais. Il consiste en de larges rinceaux noirs ou bleus dessinés sur un fond ocre peint sur l’émail blanc de la faïence. Ces motifs s’inspirent des décors de nielles exécutés par les orfèvres ou les arquebusiers en coulant une pâte à base de sulfure d’argent à l’intérieur des motifs incisés. Les modèles étaient fournis par les recueils d’estampes gravés par des ornemanistes français et allemands. A Rouen, ces dessins sur fond ocre donnent l’effet de la marqueterie de cuivre et les deux variations de couleur sur les assiettes aux armes des Saint Evremont semblent vouloir imiter la partie et la contrepartie.
Un grand plateau de cabaret conservé au musée de la céramique de Rouen et un plat à barbe de l’ancienne collection Brémand décorés sur fond ocre niellé sont l’un et l’autre datés 1726. Il est vraisemblable que ce décor fut utilisé pendant une dizaine d’années autour de cette date.
Ce type décor fut employé sur une grande variété de formes : une aiguière casque et un surtout sont au musée de Sèvres, un moutardier au musée du Hambourg, plusieurs grands plateaux rectangulaires sont connus, grands plats ronds, assiettes, vases balustres, compotiers sur pied, saupoudreuses, huiliers et même appliques murales.

Le décor des amours est extrait d’une gravure de Pierre Brébiette (1598-1650) représentant une Bacchanale : un cortège d’enfants bachiques poussés dans une brouette par un satyre et précédé d’amours dont l’un sonne dans une trompe un autre tenant un drapeau.

Une autre bannette de même décor, l’étendard orné d’une fleur de lis, également accidentée, signée au revers d’un W, faisait partie des anciennes collections Papillon et Bloch puis vente Versailles, 20 juin 1993, lot 110, reproduite dans le Répertoire, pl. 95B.
Une jatte rectangulaire à pans coupés au musée des Arts décoratifs de Paris et un grand plat rond au musée de Louviers sont décorés du même défilé d’enfants sur fond ocre niellé (catalogue de l’exposition Rouen, musée des Beaux-Arts, Peintures et sculptures de faïence, Rouen XVIIIe siècle, 1999, n° 61 et 62).

 

 

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